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Autour de l'exposition Matisse, la symphonie des couleurs

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poissons rouges fond vert projection

© Culturespaces / Geoffroy Groult

La naissance d’une symphonie chromatique

Matisse vous invite à explorer la force de ses couleurs à la manière d’un sommaire chromatique.
Le bleu, le rouge, le jaune et d’autres couleurs pures (sans ajout ni dilution) servent de fil conducteur dans l’expérience immersive et ponctuent le parcours des réflexions de l’artiste sur l’importance de la couleur.
Dans ce laboratoire, le bleu, la couleur de prédilection de Matisse, s’impose pour réaliser des figures féminines stylisées, découpées dans du papier gouaché et assemblées pour créer ses compositions vibrantes, et donner naissance aux fameux Nus bleus de 1952. S’opère ensuite une évaporation de la couleur et l’apparition de l’œuvre Luxe, calme et volupté, 1904 où une multitude de touches scintillantes de couleurs pures viennent se juxtaposer, invitant à s’immerger dans cette scène balnéaire idyllique.

projection la femme au chapeau matisse

© Culturespaces / Geoffroy Groult

VERT - L’audace fauve

Entrez de plein pied dans l’explosion chromatique de la période fauve de Matisse. Considéré comme une figure de proue du mouvement fauviste, il applique directement sur la toile la couleur pure pour créer des effets vibrants et dynamiques.
En 1905, son œuvre Femme au chapeau exposée au salon d’automne au Grand Palais à Paris, fait scandale en raison de son utilisation audacieuse de couleurs pures et vives. C’est à cette occasion que le critique d’art Louis Vauxcelles a qualifié les artistes exposant dans la salle, de ”fauves”, donnant ainsi son nom au mouvement.
Partez ensuite pour une balade irradiante de couleurs dans les paysages méditerranéens, où expressivité et vitalité inondent ses œuvres, liant à la fois atmosphères et émotions.

orange projection bassins citerne

Orange - L'émerveillement des voyages

Matisse était un voyageur passionné, curieux de découvrir de nouvelles lumières, motifs et sujets qui nourriraient ses recherches sur la clarté et la simplification. Chaque destination, du bassin méditerranéen à New York, puis plus tard à Tahiti, nourrit sa réflexion sur les sensations, l’importance de la lumière et le rôle crucial de la couleur sur la toile. Parmi ses premiers voyages décisifs, ce sont ses séjours en Algérie et au Maroc qui marqueront un tournant déterminant dans sa créativité, affirmant que la révélation lui est venue d’Orient. Les motifs géométriques et la lumière qui taille les ombres sur les façades, inspireront à Matisse des contrastes audacieux et intenses dans ses compositions. C’est ici que le bleu s’affirme davantage sur la toile, spirituel et méditatif. Il inonde de son éclat les ruelles de médinas et enveloppe les sujets féminins qui s’épanouissent dans des compositions libérées de la perspective établie.

matisse bleu bassin

© Culturespaces / Geoffroy Groult

BLEU - La liberté du mouvement

La danse est un sujet qui passionne Matisse. L’œuvre emblématique La Danse de 1910, peinte pour le mécène russe Sergei Chtchoukine, célèbre une peinture vibrante représentant des figures nues dansant en cercle ouvert pour accueillir le spectateur, symbole de joie et de vitalité. Cette œuvre s’inspire des farandoles populaires dansées au Moulin de la Galette à Paris. Sur fond de ciel bleu azur, il adopte une approche radicale tendant à la simplification de sa peinture, en réponse à la sophistication croissante de la technique photographique. Par l’utilisation d’une palette réduite à 4 couleurs uniquement, il peint des corps épurés qui concourent à une vision paradisiaque de la danse.

matisse mauve symphonie couleurs

© Culturespaces / Geoffroy Groult

Mauve - La beauté intime du quotidien

Originaire du Cateau-Cambrésis dans le Nord de la France, Matisse a grandi dans un environnement entouré des riches étoffes et tissus produits dans cette région, célèbre pour son artisanat textile. Dans la vie quotidienne qu’il peint, les échantillons de tissus enveloppent les modèles féminins, puis envahissent davantage les intérieurs foisonnant et colorés, qui oscillent entre couleurs chaudes et froides, entre dedans et dehors, entre profondeur et premier plan dans l’espace pictural. Matisse transforme ici des moments ordinaires en moments de grâce, qui capturent la sérénité de l’instant présent. Enfin, les fleurs incarnent pour lui un symbole de vitalité. Elles lui permettent de jouer avec des couleurs intenses et contrastées, ainsi qu’avec des compositions dynamiques.

matisse rouge eau lumières

© Culturespaces / Geoffroy Groult

ROUGE - L’harmonie atmosphérique

Cette couleur permet définitivement à Matisse de se libérer du superflu et transforme son atelier en une composition monochrome. À partir d’un atelier reconstitué de photos de ses divers ateliers, Matisse nous invite à nous laisser porter par ce rouge vénitien saturé et audacieux qui inonde son univers créatif, et absorbe le superflu sur son passage.
Dans L’Atelier rouge, vous n’entrez pas seulement dans un lieu : vous pénétrez dans la matière qui structure l’univers de Matisse. Tout semble flotter dans cette intensité chromatique, comme un espace mental, une projection intérieure où la couleur est à la fois décor, rythme et émotion.

matisse danse rose

© Culturespaces / Geoffroy Groult

Rose - L'optimisme de voir plus grand

La thématique de la danse et du mouvement, pour laquelle il a toujours eu un grand intérêt, trouve un écho dans son exploration de l’architecture monumentale. En 1929, Matisse travaille sur le projet de la décoration murale de la Fondation Barnes aux États-Unis. C’est en créant La Danse, qu’il a l’idée de prendre des papiers de couleurs découpés afin de les placer et déplacer sur les 52 mètres carré de surface. Il utilise la peinture pour transformer l’espace, créant des environnements immersifs où la matière, la couleur et la lumière se complètent. Le rose ici s’harmonise avec le bleu. Les fragments des corps de danseurs nous laissent imaginer la continuité de leurs mouvements au-delà de la limite architecturale, vers un hors champ infini de possibilité de mouvements.

matisse vue vert clair silouhette

© Culturespaces / Geoffroy Groult

VERT CLAIR - La résilience comme dépassement

Malgré la maladie et la station debout devenue difficile, Matisse se concentre sur le travail sériel et explore des formes et des compositions spontanées, créant des œuvres pleines de vie et d’énergie. Son éditeur Tériade le convaincra d’utiliser la technique des papiers gouachés découpés pour la réalisation d’un « manuscrit à peintures moderne, le plus beau livre qu’on ait jamais fait sur la couleur. » Trois thèmes se regroupent ici dans Jazz : l’univers du cirque, les voyages et les contes populaires.

Matisse a écrit à propos de Jazz « Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs. Ce livre a été conçu dans cet esprit ».

escargot matisse citerne

© Culturespaces / Geoffroy Groult

Jaune - La joie essentielle

Durant la dernière décennie, ses découpes monumentales dans le papier peint à la gouache deviennent une matière colorée et vivante, et peuvent être vues comme une extension de son dessin, utilisant des ciseaux pour « dessiner » directement dans la couleur. Pour composer ses œuvres comme La Gerbe et La Tristesse du roi, il découpe des formes qu’il assemble pour créer des compositions colorées et dynamiques, avec des formes organiques et fluides, qui résultent de toutes ces années d’exploration chromatique. L’espace entourant les objets est toutefois aussi important que les objets eux-mêmes, comme l’Escargot qui réunit en un mouvement de spiral l’essentiel de sa palette de couleurs de prédilection. Matisse, fasciné par Beethoven, ne cherchait pas à illustrer la musique, mais à composer ses toiles comme on compose une symphonie.

matisse vitraux sphère

© Culturespaces / Geoffroy Groult

NOIR - La clarté des vitraux

Le parcours s’achève sur le vitrail Fleuve de vie, conçu à l’origine pour la chapelle de Vence et réalisé par le maître verrier Paul Bony dans une école maternelle du Cateau-Cambrésis. Inaugurée après la disparition de l’artiste, l’œuvre sera rebaptisée Les Abeilles, symbole vibrant de la quête inlassable de Matisse.
« J’ai fait le rêve de donner de la joie aux hommes. J’ai voulu créer au Cateau une féerie de couleurs qui serait comme un esprit de la lumière. »

Ce final achève un voyage où chaque œuvre devient une promesse de liberté, de sérénité et de bonheur, l’héritage artistique que Matisse a souhaité transmettre tout au long de sa vie.

Henri Matisse (1869-1954)

1869

Henri-Émile-Benoît Matisse naît au Cateau-Cambrésis, dans le nord de la France. Il grandit dans un environnement entouré des riches étoffes et tissus produits dans cette région, célèbre pour son artisanat textile, et qui lui inspirera certaines œuvres.

1890

Lors d’une convalescence après une appendicite, Matisse découvre la peinture. C'est une révélation décisive qui le conduit à abandonner ses études de droit pour se consacrer à l’art.

1892-1897

Matisse s'installe à Paris et se forme à l’Académie Julian puis à l’École des Beaux-Arts dans l’atelier de Gustave Moreau, où il fréquente Albert Marquet, Georges Rouault et d'autres futurs artistes fauves.

1905

Au Salon d’Automne, ses peintures, présentées avec celles de Derain, Marquet, Vlaminck ou Van Dongen, provoquent un scandale. Les couleurs vives, posées en larges surfaces, bousculent les habitudes et étonnent le public. Le critique d’art Louis Vauxcelles les surnomme alors « fauves », un terme aussitôt repris pour désigner ce premier grand courant d’avant-garde du XXe siècle.

1909

Le grand collectionneur russe Sergueï Chtchoukine lui commande deux panneaux décoratifs monumentaux pour l’escalier d’honneur de son palais : La Danse et La Musique. Inspiré par une petite ronde déjà présente dans La Joie de vivre, Matisse crée alors deux compositions pensées comme des célébrations de l’énergie, du rythme et de la couleur.

1917

Il s’installe définitivement à Nice, ouvrant une longue période méditerranéenne marquée par une lumière plus douce, les intérieurs et les figures d’odalisques. Son atelier devient un espace de création foisonnant où il met en scène modèles avec des tissus orientaux et objets rapportés de ses voyages.

1929

Matisse reçoit une commande d’Albert Barnes, fondateur d’une grande collection près de Philadelphie. Reprenant le thème de la danse, il se consacre presque entièrement à cette œuvre monumentale. Après une première version qu’il juge insuffisamment décorative, il utilise sa méthode des papiers découpés. Une troisième version, adaptée aux dimensions exactes de la salle, est installée en 1933 à la Fondation Barnes.

1930

Il effectue son premier voyage à Tahiti. Durant son voyage dans les îles du Pacifique, Matisse renonce presque entièrement à la peinture pendant plusieurs mois. Il observe, photographie, remplit des carnets de croquis et s’imprègne d’un paysage réduit à l’essentiel : mer, ciel, lagons, lumière.

1947

Malgré la maladie, Matisse se concentre sur le travail en série et explore des compositions spontanées. A cette période, il collabore à la revue littéraire et artistique Verve, fondée par l’éditeur Tériade, avec lequel il publie en 1947 le livre-œuvre Jazz. Il utilise la technique des papiers gouachés découpés et la gravure pour reproduire cet ouvrage qui rassemble des planches colorées et des pages d’écriture.

1948-1951

Il conçoit chaque détail des vitraux de la Chapelle du Rosaire à Vence, considérée comme son chef-d’œuvre. On retrouve les formes organiques des paysages qu’il a traversé et qui l’ont imprégné toute sa vie. Il crée l’ensemble des vitraux mais aussi plusieurs accessoires liturgiques, des céramiques ainsi que des chasubles pour la paroisse.

1954

Henri Matisse décède à Nice à l’âge de 84 ans.

Les œuvres phares

matisse paysage couleurs vives

Luxe, calme et volupté

Henri Matisse , 1904 , huile sur toile , 98,5 x 118,5 cm , musée d’Orsay, Paris , © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

poissons rouges fleurs dessin

Poissons rouges

Henri Matisse , 1912 , huile sur toile , 140 x 98 cm , The Pushkin State Museum of Fine Arts, Moscou , akg-images

vitraux chapelle papiers découpés

Vitraux de la chapelle du Rosaire de Vence

Henri Matisse , 1949 , Vitrail sud d'après des papiers découpés , Vence , © akg-images

matisse danse peinture cercle

Danse (II)

Henri Matisse , 1909-1910 , huile sur toile , 260 x 391 cm , State Hermitage Museum, Saint Petersburg , akg-images / Album / Prisma

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L’escargot

Henri Matisse , 1953 , gouache sur papier découpé montée sur toile , 286,4 x 287 cm , Tate Modern, Londres , © Tate, Londres, Dist. GrandPalaisRmn / Tate Photography

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L’Atelier rouge

Henri Matisse , 1911 , huile sur toile , 181 x 219,1 cm , Museum of Modern Art, New York , akg-images

matisse peinture gerbe

La Gerbe

Henri Matisse , 1953 , Carreaux de céramique montés sur plâtre , 303,2 x 361 cm , Los Angeles County Museum , © 2025 Museum Associates / LACMA. Licenciée par Dist. GrandPalaisRmn / image LACMA

Danse papier découpé

La Danse

Henri Matisse , 1932-1933 , huile sur toile en trois panneaux , 340 x 441 cm (panneaux latéraux), 356 x 503 cm (panneau central) , The Barnes Foundation, Philadelphia , © Barnes Foundation / Bridgeman Images

Icare planche du livre d'art

Icare, planche VIII du livre d'art JAZZ

Henri Matisse , 1947 , Gravure d'après papiers collés , Hauteur folio : 42 cm , Tériade, 1947, musée Matisse , © akg-images

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