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Autour de l'exposition Matisse, la symphonie des couleurs
Henri Matisse (1869-1954)
Les œuvres phares
Luxe, calme et volupté
Lors de ses premiers séjours dans le bassin méditerranéen, Matisse découvre une lumière unique qui le marque profondément et l’encourage à s’affranchir du dessin pour libérer la couleur sur la toile. D’abord attiré par le divisionnisme, il explore en 1904 à Saint-Tropez une manière personnelle de fragmenter la touche dans Luxe, calme et volupté. Mais l’année suivante, à Collioure, la lumière agit comme un révélateur : aux côtés d’André Derain, il abandonne le pointillisme pour des aplats de tons purs et des contrastes intenses. L’œuvre marque un tournant majeur et ouvre la voie au fauvisme.
Luxe, calme et volupté
Henri Matisse , 1904 , huile sur toile , 98,5 x 118,5 cm , musée d’Orsay, Paris , © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
Les poissons rouges
Les fleurs incarnent pour lui un symbole de vitalité. Elles lui permettaient de jouer avec des couleurs intenses et contrastées, ainsi qu’avec des compositions dynamiques.
Poissons rouges
Henri Matisse , 1912 , huile sur toile , 140 x 98 cm , The Pushkin State Museum of Fine Arts, Moscou , akg-images
Vitraux de la chapelle du Rosaire de Vence
La Chapelle du Rosaire est considérée par Henri Matisse comme son chef-d’œuvre. Il en conçoit chaque détail, des vitraux au mobilier, créant un espace sacré baigné de lumière. Les lignes noires dialoguent avec la couleur filtrée par le verre, dans un équilibre entre ombre et clarté. Son travail sur les vitraux prolonge ses recherches menées avec les papiers découpés : la couleur peinte devient lumière vivante, transformant l’architecture en expérience spirituelle.
Vitraux de la chapelle du Rosaire de Vence
Henri Matisse , 1949 , Vitrail sud d'après des papiers découpés , Vence , © akg-images
Danse (II)
Au tournant des années 1910, Henri Matisse traverse une période d’intense créativité. Le collectionneur russe Sergueï Chtchoukine lui commande en 1909 deux panneaux monumentaux pour son palais : La Danse et La Musique. Dans La Danse, cinq figures nues forment une ronde ouverte, symbole de joie et de vitalité. Sur un ciel bleu azur, Matisse simplifie radicalement les formes et limite sa palette à quelques couleurs pures, créant une vision presque archaïque et universelle. Présentée au Salon d'Automne en 1910, l’œuvre provoque un scandale avant d’être défendue par son mécène.
Danse (II)
Henri Matisse , 1909-1910 , huile sur toile , 260 x 391 cm , State Hermitage Museum, Saint Petersburg , akg-images / Album / Prisma
L’escargot
Pour L’escargot, composition chromatique, il explique sa création en ces termes : « J'ai tout d'abord tiré l'escargot de la nature, en le tenant. J'ai pris conscience d'un déroulement, j'ai trouvé une image dans mon esprit purifiée de la coquille, puis j'ai pris les ciseaux. » Il associe des couleurs complémentaires - rouge et vert, orange et bleu, jaune et mauve - pour donner du dynamisme à la spirale.
L’escargot
Henri Matisse , 1953 , gouache sur papier découpé montée sur toile , 286,4 x 287 cm , Tate Modern, Londres , © Tate, Londres, Dist. GrandPalaisRmn / Tate Photography
L’Atelier rouge
Pour Matisse, l’atelier est un véritable monde intérieur. Il l’aménage avec des plantes, des tissus, des objets rapportés de ses voyages, mais aussi ses propres œuvres qu’il déplace d’un lieu à l’autre. Cet espace devient alors un décor familier, une source d’inspiration constante. En peignant son atelier, Matisse crée une forme d’autoportrait, révélant son rapport intime à la couleur et à la composition. L’Atelier rouge, réalisé en 1911 à Issy-les-Moulineaux, rassemble plusieurs œuvres peintes entre 1898 et 1911, intégrées dans un vaste champ rouge qui transforme l’espace en une vision unifiée. On y reconnaît par exemple Les Baigneuses, ou Le Luxe (II) ainsi qu’une assiette peinte par l’artiste en 1907. Refusé par Chtchoukine, le tableau circule ensuite dans de grandes expositions internationales avant de rejoindre une collection privée, puis d’être acquis en 1949 par le Museum of Modern Art (MoMA) de New-York. À partir de cette date, peintres, critiques et visiteurs s’arrêtent devant cette œuvre dont l’audace chromatique et la simplification de l’espace paraissent soudain visionnaires. Pour beaucoup, L’Atelier rouge annonce des recherches qui occupent bientôt la scène américaine : l’abstraction colorée.
L’Atelier rouge
Henri Matisse , 1911 , huile sur toile , 181 x 219,1 cm , Museum of Modern Art, New York , akg-images
La Gerbe
Durant la dernière décennie de sa vie, Henri Matisse réalise des découpes monumentales dans du papier peint à la gouache. Avec La Gerbe, la matière devient couleur pure et vivante. Utilisant les ciseaux pour « dessiner » directement dans la couleur, il découpe des formes organiques et fluides qu’il assemble en une composition dynamique. L’espace entourant les formes est aussi important que les formes elles-mêmes : les pleins et les vides dialoguent dans une exaltation chromatique qui synthétise toutes ses années d’exploration.
La Gerbe
Henri Matisse , 1953 , Carreaux de céramique montés sur plâtre , 303,2 x 361 cm , Los Angeles County Museum , © 2025 Museum Associates / LACMA. Licenciée par Dist. GrandPalaisRmn / image LACMA
La Danse
En 1930, Henri Matisse reçoit une commande d’Albert Barnes pour la décoration murale de la Fondation Barnes. Reprenant le thème de la danse et du mouvement, il conçoit une œuvre monumentale de 52 m². Après une première version jugée insuffisamment décorative, il utilise des papiers de couleurs découpés qu’il place et déplace sur la surface avant de peindre la composition définitive. Avec La Danse, la couleur transforme l’architecture en espace immersif : le rose s’harmonise au bleu, et les fragments des corps prolongent le mouvement au-delà du cadre.
La Danse
Henri Matisse , 1932-1933 , huile sur toile en trois panneaux , 340 x 441 cm (panneaux latéraux), 356 x 503 cm (panneau central) , The Barnes Foundation, Philadelphia , © Barnes Foundation / Bridgeman Images
Durant cette période, Matisse collabore à la revue littéraire et artistique Verve, fondée en 1937 par l’éditeur Tériade, avec lequel il publie en 1947 le livre-œuvre Jazz. Il utilise la technique des papiers gouachés découpés, puis la gravure pour reproduire cet ouvrage qui rassemble des planches colorées et des pages d’écriture. Il commence à imaginer un univers de courbes qui tranchent le noir qui créent un contraste saisissant, mettant en valeur les mouvements subtils de la main de l’artiste. Matisse a écrit à propos de Jazz « Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs. Ce livre a été conçu dans cet esprit ».
Icare, planche VIII du livre d'art JAZZ
Henri Matisse , 1947 , Gravure d'après papiers collés , Hauteur folio : 42 cm , Tériade, 1947, musée Matisse , © akg-images