Autour de l'exposition Matisse

verve citerne orange

Explorez les thématiques

  • Matisse poissons bassins

    La naissance d’une symphonie chromatique

    Matisse vous invite à explorer la force de ses couleurs à travers un véritable sommaire chromatique. Bleu, rouge, jaune et autres couleurs pures rythment l’expérience, accompagnés des réflexions de l’artiste sur leur importance. Le bleu, sa couleur de prédilection, s’impose avec les célèbres Nus bleus de 1952, composés de papiers gouachés découpés. Puis la couleur se fait touches scintillantes dans Luxe, calme et volupté (1904), invitant à s’immerger dans une scène balnéaire idyllique.

  • femme au chapeau matisse

    Vert, l’audace fauve

    Entrez dans l’explosion chromatique de la période fauve de Matisse. Figure majeure du mouvement, l’artiste utilise la couleur pure pour créer des compositions vibrantes et expressives. En 1905, sa Femme au chapeau fait scandale au Salon d’Automne et contribue à la naissance du terme « fauves ». Le parcours se poursuit à travers les paysages méditerranéens de Matisse, baignés de couleurs intenses, où se mêlent vitalité, atmosphères et émotions.

  • verve citerne orange

    Orange, l'émerveillement des voyages

    Voyageur passionné, Matisse puise dans chaque destination de nouvelles lumières, couleurs et motifs. Ses séjours en Algérie et au Maroc marquent un tournant majeur : la lumière intense et les motifs géométriques inspirent des contrastes audacieux et libèrent ses compositions de la perspective traditionnelle. Le bleu s’y affirme pleinement, profond et méditatif, baignant les médinas et enveloppant les figures féminines.

  • la danse projection bassins reflets

    Bleu, la liberté du mouvement

    La danse fascine Matisse et devient l’un des grands thèmes de son œuvre. Avec La Danse (1910), peinte pour le mécène russe Sergueï Chtchoukine et inspirée des farandoles populaires, cinq figures nues forment un cercle ouvert, symbole de joie et de vitalité. Sur un ciel bleu azur, Matisse réduit sa palette à quelques couleurs et simplifie radicalement les corps pour livrer une vision épurée et presque paradisiaque de la danse.

  • matisse femme mauve

    Mauve, la beauté intime du quotidien

    Originaire du Cateau-Cambrésis, région réputée pour son artisanat textile, Matisse grandit entouré d’étoffes qui nourriront durablement son œuvre. Tissus, motifs et fleurs envahissent ses intérieurs colorés, où se mêlent couleurs chaudes et froides, dedans et dehors, profondeur et premier plan. À travers ces scènes du quotidien, Matisse transforme l’ordinaire en instants de grâce, empreints de sérénité et de vitalité.

  • Matisse L'atelier rouge
    Culturespaces / Geoffroy Groult

    Rouge, l’harmonie atmosphérique

    Cette couleur permet définitivement à Matisse de se libérer du superflu et transforme son atelier en une composition monochrome. À partir d’un atelier reconstitué de photos de ses divers ateliers, Matisse nous invite à nous laisser porter par ce rouge vénitien saturé et audacieux qui inonde son univers créatif, et absorbe le superflu sur son passage.

  • matisse corps rose bleu

    Rose, l'optimisme de voir plus grand

    La danse et le mouvement trouvent un nouvel écho dans l’exploration de l’architecture monumentale de Matisse. En 1929, pour La Danse de la Fondation Barnes aux États-Unis, il expérimente les papiers colorés découpés afin de composer à grande échelle. Rose et bleu dialoguent avec l’espace, tandis que les corps fragmentés des danseurs semblent prolonger leur mouvement au-delà des limites de l’architecture.

  • matisse fond vert projection

    Vert clair, la résilience comme dépassement

    Malgré la maladie, Matisse poursuit ses recherches avec une énergie nouvelle et fait des papiers gouachés découpés un véritable moyen d’expression. Avec Jazz, réalisé à l’initiative de son éditeur Tériade, il explore la couleur à travers trois univers : le cirque, les voyages et les contes populaires. Découpant directement dans la couleur, Matisse compose des formes spontanées et vibrantes, comme un sculpteur taille dans la matière.

  • escargot matisse

    Jaune, la joie essentielle

    Dans la dernière décennie de sa vie, Matisse fait des papiers gouachés découpés l’aboutissement de ses recherches sur la couleur, « dessinant » directement avec ses ciseaux. Dans La Gerbe, La Tristesse du roi ou L’Escargot, formes organiques, couleurs et espaces s’assemblent en compositions dynamiques. Fasciné par Beethoven, Matisse conçoit ses œuvres comme une symphonie, où chaque forme et chaque couleur trouve sa place dans un ensemble harmonieux.

  • matisse vitraux chapelle

    Noir, la clarté des vitraux

    Le parcours s’achève sur le vitrail Fleuve de vie, conçu à l’origine pour la chapelle de Vence et réalisé par le maître verrier Paul Bony dans une école maternelle du Cateau-Cambrésis. Inaugurée après la disparition de l’artiste, l’œuvre sera rebaptisée Les Abeilles, symbole vibrant de la quête inlassable de Matisse. Ce final achève un voyage où chaque œuvre devient une promesse de liberté, de sérénité et de bonheur, l’héritage artistique que Matisse a souhaité transmettre tout au long de sa vie.

Interview de Virginie Martin, directrice artistique 

Les couleurs chez Matisse 
Chez Matisse, chaque couleur transmet une émotion : le bleu apaise, le vert surprend, le rouge captive. 

interview virginie martin

Henri Matisse en 10 dates clés

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Les œuvres phares

Illustration temporaire

Luxe, calme et volupté

Lors de ses premiers séjours dans le bassin méditerranéen, Matisse découvre une lumière unique qui le marque profondément et l’encourage à s’affranchir du dessin pour libérer la couleur sur la toile. D’abord attiré par le divisionnisme, il explore en 1904 à Saint-Tropez une manière personnelle de fragmenter la touche dans Luxe, calme et volupté. Mais l’année suivante, à Collioure, la lumière agit comme un révélateur : aux côtés d’André Derain, il abandonne le pointillisme pour des aplats de tons purs et des contrastes intenses. L’œuvre marque un tournant majeur et ouvre la voie au fauvisme.

Henri Matisse , 1904 , huile sur toile , 98,5 x 118,5 cm , musée d’Orsay, Paris , © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Danse II

Danse (II)

Au tournant des années 1910, Henri Matisse traverse une période d’intense créativité. Le collectionneur russe Sergueï Chtchoukine lui commande en 1909 deux panneaux monumentaux pour son palais : La Danse et La Musique. Dans La Danse, cinq figures nues forment une ronde ouverte, symbole de joie et de vitalité. Sur un ciel bleu azur, Matisse simplifie radicalement les formes et limite sa palette à quelques couleurs pures, créant une vision presque archaïque et universelle. Présentée au Salon d'Automne en 1910, l’œuvre provoque un scandale avant d’être défendue par son mécène.

Henri Matisse , 1909-1910 , huile sur toile , 260 x 391 cm , State Hermitage Museum, Saint Petersburg , akg-images / Album / Prisma

Illustration temporaire

La gerbe

Durant la dernière décennie de sa vie, Henri Matisse réalise des découpes monumentales dans du papier peint à la gouache. Avec La Gerbe, la matière devient couleur pure et vivante. Utilisant les ciseaux pour « dessiner » directement dans la couleur, il découpe des formes organiques et fluides qu’il assemble en une composition dynamique. L’espace entourant les formes est aussi important que les formes elles-mêmes : les pleins et les vides dialoguent dans une exaltation chromatique qui synthétise toutes ses années d’exploration.

Henri Matisse , 1953 , Carreaux de céramique montés sur plâtre , 303,2 x 361 cm , Los Angeles County Museum , © 2025 Museum Associates / LACMA. Licenciée par Dist. GrandPalaisRmn / image LACMA

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L'escargot

Pour L’escargot, composition chromatique, il explique sa création en ces termes : « J'ai tout d'abord tiré l'escargot de la nature, en le tenant. J'ai pris conscience d'un déroulement, j'ai trouvé une image dans mon esprit purifiée de la coquille, puis j'ai pris les ciseaux. » Il associe des couleurs complémentaires - rouge et vert, orange et bleu, jaune et mauve - pour donner du dynamisme à la spirale.

Henri Matisse , 1953 , gouache sur papier découpé montée sur toile , 286,4 x 287 cm , Tate Modern, Londres , © Tate, Londres, Dist. GrandPalaisRmn / Tate Photography

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Poissons rouges

Les fleurs incarnent pour lui un symbole de vitalité. Elles lui permettaient de jouer avec des couleurs intenses et contrastées, ainsi qu’avec des compositions dynamiques. 

Henri Matisse , 1912 , huile sur toile , 140 x 98 cm , The Pushkin State Museum of Fine Arts, Moscou , akg-images

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L'atelier rouge

Pour Matisse, l’atelier est un véritable monde intérieur. Il l’aménage avec des plantes, des tissus, des objets rapportés de ses voyages, mais aussi ses propres œuvres qu’il déplace d’un lieu à l’autre. Cet espace devient alors un décor familier, une source d’inspiration constante. En peignant son atelier, Matisse crée une forme d’autoportrait, révélant son rapport intime à la couleur et à la composition. L’Atelier rouge, réalisé en 1911 à Issy-les-Moulineaux, rassemble plusieurs œuvres peintes entre 1898 et 1911, intégrées dans un vaste champ rouge qui transforme l’espace en une vision unifiée. On y reconnaît par exemple Les Baigneuses, ou Le Luxe (II) ainsi qu’une assiette peinte par l’artiste en 1907. Refusé par Chtchoukine, le tableau circule ensuite dans de grandes expositions internationales avant de rejoindre une collection privée, puis d’être acquis en 1949 par le Museum of Modern Art (MoMA) de New-York. À partir de cette date, peintres, critiques et visiteurs s’arrêtent devant cette œuvre dont l’audace chromatique et la simplification de l’espace paraissent soudain visionnaires. Pour beaucoup, L’Atelier rouge annonce des recherches qui occupent bientôt la scène américaine : l’abstraction colorée.

Henri Matisse , 1911 , huile sur toile , 181 x 219,1 cm , Museum of Modern Art, New York , akg-images

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La danse

En 1930, Henri Matisse reçoit une commande d’Albert Barnes pour la décoration murale de la Fondation Barnes. Reprenant le thème de la danse et du mouvement, il conçoit une œuvre monumentale de 52 m². Après une première version jugée insuffisamment décorative, il utilise des papiers de couleurs découpés qu’il place et déplace sur la surface avant de peindre la composition définitive. Avec La Danse, la couleur transforme l’architecture en espace immersif : le rose s’harmonise au bleu, et les fragments des corps prolongent le mouvement au-delà du cadre.

Henri Matisse , 1932-1933 , huile sur toile en trois panneaux , 340 x 441 cm (panneaux latéraux), 356 x 503 cm (panneau central) , The Barnes Foundation, Philadelphia , © Barnes Foundation / Bridgeman Images

Illustration temporaire

Icare, planche VIII du livre d'art JAZZ

Durant cette période, Matisse collabore à la revue littéraire et artistique Verve, fondée en 1937 par l’éditeur Tériade, avec lequel il publie en 1947 le livre-œuvre Jazz. Il utilise la technique des papiers gouachés découpés, puis la gravure pour reproduire cet ouvrage qui rassemble des planches colorées et des pages d’écriture. Il commence à imaginer un univers de courbes qui tranchent le noir qui créent un contraste saisissant, mettant en valeur les mouvements subtils de la main de l’artiste. Matisse a écrit à propos de Jazz « Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs. Ce livre a été conçu dans cet esprit ». 

Henri Matisse , 1947 , Gravure d'après papiers collés , Hauteur folio : 42 cm , Tériade, 1947, musée Matisse , © akg-images